Elections en Turquie : Erdogan en ballotage après un premier tour historique
Recep Tayyip Erdogan, Président de la Turquie, est en ballotage avec le progressiste Kemal Kiliçdaroglu après un premier tour disputé dimanche. Les élections présidentielle et législatives ont mobilisé un large électorat et ont été marquées par une participation estimée à 89% par l’agence Anka.
Recep Tayyip Erdogan fait de la résistance
Malgré la crise économique et des sondages défavorables, Recep Tayyip Erdogan a été soutenu par une grande partie de l’électorat au début de la soirée de dimanche, obtenant une avance confortable sur son rival. Cependant, cette avance a diminué au fil des heures et Erdogan a terminé avec 49,42% des voix, selon l’agence officielle Anadolu. Bien qu’il soit en tête, Erdogan sera contraint à un second tour inédit dans l’histoire de la République turque.
Le peuple a choisi la stabilité et la sécurité…
« Le peuple a choisi la stabilité et la sécurité lors de cette élection présidentielle », a déclaré Erdogan devant ses partisans à Ankara. Malgré les zones côtières ouest et sud, ainsi que de grandes parties des zones kurdes de l’est du pays, qui ont voté en faveur de son rival, Erdogan a remporté presque tout le reste du pays, à l’exception notable de la capitale Ankara.
… Mais Kemal Kiliçdaroglu est toujours en lice
Kemal Kiliçdaroglu, à la tête d’une coalition de six formations de l’opposition, a cependant réussi à rassembler 44,95% des suffrages. L’un de ses alliés a appelé les citoyens à ne pas tenir compte des chiffres donnés par Anadolu aux premières heures du dépouillement. « Nous sommes en tête », a déclaré Kiliçdaroglu dans la soirée.
Le troisième candidat pourrait jouer les faiseurs de roi
Sinan Ogan, dissident du parti nationaliste MHP et candidat de l’extrême droite, a obtenu environ 5,25% des voix et pourrait jouer les faiseurs de roi, mais a refusé de dire quel candidat il soutiendrait en cas de second tour.
Le bloc présidentiel en tête des législatives
Recep Tayyip Erdogan en a revendiqué la majorité des 600 députés à l’Alliance nationale qu’il a formé entre son parti, l’AKP, et de petits partis nationalistes et islamistes. Les législatives se déroulent à la proportionnelle et permettent de former la Grande assemblée nationale. L’opposition ambitionnait de lui ravir la majorité, voire d’obtenir la majorité des deux tiers requise pour modifier la Constitution.